Série de 4 tirages pigmentaires, Carré des Dames, de Stéphanie Sergeant en format A2 exposée dans un espace de travail en open space

L’art ne se cantonne plus aux musées ni aux galeries et aux grandes collections privées. De l’émergence des arts urbains dans les années 60 à l’essor actuel du Street Art, nous avons assisté à une démocratisation sans précédent de son accès.

Une génération d’artistes s’est emparée de l’espace public, a investi les rues et les murs des villes avec l’ambition d’améliorer le quotidien d’un monde en plein questionnement sur ses habitudes de consommation et ses modes de production. Un monde en recherche de sens, de réenchantement et d’évasion.

Pourtant, l’art demeure encore peu présent dans la sphère professionnelle alors qu’il a énormément à apporter aux entreprises sur les sujets de la performance économique et du progrès social.

L’art vecteur de bien-être pour les salariés et de croissance pour les entreprises

L’environnement de travail au cœur des préoccupations des salariés

Le besoin d’inspiration et d’évasion se ressent peut-être encore davantage dans le milieu professionnel que dans le cadre privé.

L’entreprise est un espace de vie dans lequel se déroule une grande partie de nos existences. S’il constitue un formidable terrain d’épanouissement et de réalisation de soi pour certains, l’entreprise est aussi malheureusement un lieu où s’exacerbent de nombreuses sources d’anxiété.

Stress, peur de la perte d’emploi, manque de reconnaissance, quête de sens, esprit de compétition et course à la performance mènent chaque jour plus d’un salarié au burn out.

Ainsi, selon le baromètre national du bonheur commandé par la Fabrique Spinoza1, seuls 50% des Français se disent satisfaits de leur situation professionnelle et l’Institut de veille sanitaire2 a estimé que le burn out concerne plus de 30 000 personnes dans notre pays.

Baromètre de la satisfaction professionnelle de l'institut de la Fabrique zpinoza
Baromètre de la satisfaction professionnelle de l’institut de la Fabrique Szpinoza

Originellement pensés pour être fonctionnels et optimiser la productivité des collaborateurs, le lieu de travail et ses murs souvent blancs ou grisâtres apparaissent de plus en plus aseptisés et mornes. Ces espaces tels qu’on les connaît semblent appartenir à une autre époque.

9 salariés sur 10 souhaitent travailler dans des bureaux leur permettant de se régénérer et de s’inspirer3

Les salariés ressentent le manque d’aménagement et de décoration de leurs bureaux et l’amélioration de leur environnement de travail est désormais identifiée comme un élément central de l’amélioration du bien-être au travail.

Pourquoi les entreprises y trouveront-elles leur intérêt ?

En dehors de la dimension philanthropique de la démarche, quel intérêt pour les entreprises d’investir dans l’art et l’aménagement de leurs locaux pour améliorer le cadre de travail de leurs collaborateurs ?

Harvard et le MIT4 ont démontré que le bien-être au travail réduit l’absentéisme par 6, suscite 9 fois plus d’engagement de la part des salariés tout en stimulant leur performance et leur créativité. Les salariés le ressentent eux-mêmes puisque 70% d’entre eux estimaient déjà en 2015 que l’aménagement de leur espace de travail favorisait leur performance5.

Ces chiffres sont éloquents et esquissent la dimension de l’opportunité qui se présente aux employeurs et aux professionnels de la gestion des ressources humaines. Des salariés heureux sont des salariés performants, créateurs de valeur pour l’entreprise et générateurs de chiffre d’affaires. 

Ignorer la question du bien-être au travail, c’est donc renoncer au développement de son activité et à la pérennité de son modèle de croissance. En 2021, alors que nous récoltons des statistiques de plus en plus alarmantes sur le mal-être au travail, accentuées par la crise sanitaire, il est grand temps de passer à l’action pour le bien-être des salariés et la prospérité de nos entreprises.

La série Carré des Dames de l'artiste Stéphanie Sergeant
La série Carré des Dames de l’artiste Stéphanie Sergeant

La présence de l’art dans les entreprises, le grand écart entre grands groupes et PME

Quelques initiatives dans les grands groupes

Si les programmes de Responsabilité Sociétale font aujourd’hui partie des outils utilisés par les grandes entreprises pour développer leur marque employeur, le recours à l’art pour améliorer la Qualité de Vie au Travail demeure encore très anecdotique.

Les collaborations avec le monde de l’art sont plus visibles dans les démarches de mécénat et, pour le grand public, dans les secteurs du luxe, de la mode et de la grande consommation.

Les grandes entreprises financent des programmes de restauration d’œuvres majeures pour les grands musées nationaux ou investissent dans des collections privées par le biais de fondations d’art contemporain telles que la fondation Pernod-Ricard, la fondation LVMH et bientôt la collection Pinault à la Bourse du Commerce – on notera qu’elles se situent toutes à Paris.

La Fondation Pernod-Ricard
La Fondation Pernod-Ricard à Paris

Mais rares sont les démarches qui impliquent les acteurs de la création contemporaine dans l’embellissement des environnements professionnels, que ce soit dans les programmes d’amélioration du bien-être des salariés sur leurs lieux de travail ou de l’accueil de la clientèle sur les points de vente. Dans ce contexte, l’initiative du 1% artistique6 qui a permis de systématiser le financement et l’exposition d’œuvres contemporaines visibles par les fonctionnaires et les usagers des institutions publiques est donc à saluer.

Un accès à l’art difficile pour les PME

Quand on s’intéresse à l’essentiel du tissu économique que constituent les PME, le constat est sans appel : l’art est absent pour l’écrasante majorité de ces structures. Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, l’accès à l’offre culturelle est difficile. Le modèle d’achat de l’art est encore dominé par les galeries traditionnelles, au rayonnement local, qui sont concentrées à Paris et quelques grands pôles comme la région Provence Alpes Côte d’Azur et l’Aquitaine. 

Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, l’accès à l’offre culturelle est difficile. Le modèle d’achat de l’art est encore dominé par les galeries traditionnelles, au rayonnement local, qui sont concentrées à Paris et quelques grands pôles comme la région Provence Alpes Côte d’Azur et l’Aquitaine. 

L’Ile de France représentait ainsi 53% des galeries d’art contemporain en France en 2012 selon le Ministère de la Culture7 et l’art contemporain est quasiment absent sur les deux tiers du territoire.

Répartition des galeries d'art en France, 2012
Répartition des galeries d’art en France, 2012

Les œuvres exposées ne sont souvent pas adaptées et assez fédératrices pour incarner les valeurs des entreprises et répondre à leurs besoins spécifiques. Ces dernières ne veulent pas prendre de risque avec leurs salariés et leurs clients, recherchant davantage des sujets qui rassemblent à des œuvres qui interrogent.

D’autre part, les galeries sont adaptées à des acheteurs qui généralement cherchent à acquérir une seule œuvre pour enrichir leurs collections. Or, une entreprise doit sélectionner plusieurs œuvres pour mettre en valeur ses différents espaces : hall d’accueil, bureaux, salles de réunion etc… 

Le travail de recherche et de sélection des œuvres représentent un obstacle supplémentaire car il demande un savoir-faire et du temps que les PME n’ont pas. Si les grandes entreprises peuvent recruter des experts voire créer des services entièrement dédiés à la curation, les organisations plus modestes ne peuvent compter que sur la passion de leur chef d’entreprise ou d’un salarié portant le projet, en parallèle de leurs activités principales.

Enfin, le prix des œuvres n’est pas adapté aux budgets des petites entreprises et des efforts doivent être réalisés pour rendre plus visibles des offres culturelles abordables et compétitives sur le plan financier.

La valorisation des artistes émergents et la diversification des supports grâce à la transformation numérique constituent certainement des pistes pour favoriser la démocratisation de l’accès à l’art des petites et moyennes entreprises.

Le rôle des artistes

Afin d’accompagner cette transformation, le monde de la création et les artistes sont déjà prêts. Cela fait bien longtemps que les collaborations entre les artistes et les marques ne sont plus un tabou dans le milieu.

Bien au contraire, ces expériences constituent des tremplins pour certaines carrières voire la consécration d’un travail réalisé à travers de longues années pour d’autres.

Davantage que les collaborations sur les produits, les artistes accueillent volontiers l’opportunité de franchir les portes de l’entreprise et d’investir un nouveau terrain d’expression pour faire connaître et valoriser leur travail auprès d’un nouveau public.

Cette perspective rencontre d’ailleurs d’autant plus leur enthousiasme qu’ils peuvent apporter du bien-être et contribuer à l’épanouissement de celles et ceux qui font vivre ces lieux au quotidien, les salariés.

Hanoh Szpira présentant l'une de ses œuvres
L’artiste Hanoh Szpira en collaboration avec TheCollectors.Art

TheCollectors.Art souhaite s’impliquer dans la promotion de l’art dans les entreprises et plus particulièrement auprès de celles pour qui l’offre actuelle n’est pas adaptée. Sur sa galerie d’art en ligne, TheCollectors.Art propose des tirages fine art et des séries d’œuvres en édition limitée, numérotées, signées par les artistes et encadrées. Des abonnements (sans engagement) permettent également de bénéficier de remises commerciales.

Sources

  1. www.fabriquespinoza.org
  2. « La souffrance psychique en lien avec le travail chez les salariés actifs en France entre 2007 et 2012 », Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2015
  3.  « Human Expérience, quand les bureaux réconcilient la vie avec le travail », Flore Pradère pour JLL, 2017
  4. https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0021886310395514?journalCode=jaba
  5.  « Performance des collaborateurs & Environnement de travail », JLL, 2015
  6. https://www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Dispositifs-specifiques/Le-1-artistique
  7.  « Les galeries d’art contemporain en France en 2012 », Ministère de la Culture, François Rouet, 2013

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